Le vendredi 9 octobre 2009 j’ai pu une nouvelle fois flatter mon ego de petite stagiaire en refaisant un tour dans la voiture aux beaux logos de l’UE et de l’ESFD. Cette fois, direction le Nord, nord, dans un trou paumé répondant au doux nom de Dembo (voir photo ci-contre). L’ESFD travaille depuis deux ans avec cette communauté, et je crois que si les débuts furent très difficiles, les projets sont maintenant bien implantés, et la communauté est de plus en plus engagée.
Souad, responsable de ce projet, et la petite stagiaire française
Une fois passé Tripoli, la route s’engage dans les montagnes, et sinueuse, suis le contour montagneux. L’entrée de ce bled est décorée de grandes maisons, d’une large route bien goudronnée… et au fur et à mesure que l’on s’enfonce dans la brousse, les maisons se rétrécissent, les nids de poule font leur apparence… et on termine au fin fond de la montagne. Les bâtisses sont moches- béton gris, la rue, est sale et très poussiéreuse, et allie par le béton et les maisons, des tons jaunâtres a des nuances grisâtres....ce qui n’empêche pas les gens de tendre des fils d’immeubles à immeubles pour faire des étendages… j’sais pas à quoi doit ressembler le linge une fois sec ! Y’a plus qu’à le relaver !
Bref, l’atmosphère est différente de mes deux périples dans le Sud- nous sommes reçus par la fille du maire, très engagée dans tous les projets montés par l’ESFD, ainsi que Zeina, la nurse du dispensaire, qui est hyper à fond dans son boulot, et participe à pleins d’autres initiatives. Pas de gros barbus enturbannés, mais une pièce claire, peinte en blanc, où nous prenons place sur des banquettes en faux cuir. Dans un coin trône un ordi, ainsi qu’une imprimante/ photocopieuse- l’équipement financé par l’ESFD pour monter le ‘youth activity club’. Se trouve aussi le jeune homme qui va justement gérer le centre- on se serre la main sans problème, ce que nous ne ferons pas forcément avec tous les hommes qui viennent par la suite pour le meeting. Café, etc. La conversation est relax, et rythmée par le va-et-vient des enfants des deux jeunes femmes ( la fille du maire a 23 ans et déjà trois mômes! Faut quand même savoir qu’à Dembo, la moyenne tourne autour de 8 enfants par famille… de quoi faire rêver Tassin St Claude !)
Plusieurs détails me frappent, dont la présence des enfants:
Un, ils sont tous simplement sales- une des filles de la fille du maire, pourtant mignonne, honnêtement ne pousse pas à être prise dans ses bras pour être cajolée- ces vêtements roses crasseux ( faut savoir aussi que je DETESTE les survet’ roses pour les mômes), elle-même sale, et se fourre un doigt tout aussi infecte dans la bouche toute les 30sec en se plaignant d’une carie- là, je compatis, une carie, c’est douloureux, et comme y’a pas un dentiste à des kilomètres à la ronde, c’est pas demain la veille que l’on va la lui soigner. Cela dit, je ne peux m’empêcher de faire une comparaison avec les groupes défavorisés rencontrés en Inde- à l’exception de quelques mendiants vus dans les grandes villes, ‘regardless’ de leur statut social, je trouvais les gens propres, même les mômes, même dans les villages reculés.
Deux : y’en a partout alors qu’il est aux alentours de midi, un jour de semaine, et je ne peux s’empêcher de demander pourquoi ils ne sont pas à l’école. Mes collègues me disent qu’ici, l’éducation n’est pas considérée par tout le monde comme une priorité. Et ce n’est pas pour bosser aux champs, car les mômes que j’ai vu, ils étaient en train de glandouiller dans la rue, à s’amuser comme ils peuvent- par exemple, à balancer un chaton de balcons en balcons… OK, je ne connais pas l’histoire, et ça se trouve, la bébête venait de bouffer toute leur réserve de viande, mais j’ai encore les couinements de douleur de cette pauvre bestiole en tête… mmm, cruauté gratuite ? charmants bambinos!
Donc, non, l’éducation n’est pas une priorité, car pour beaucoup, le futur se trouve en Australie. Allez savoir pourquoi, ce petit bled paumé a une communauté assez importante d’expatriés vivants dans le pays des kangourous, et le voyage Beyrouth- Sydney représente l’exutoire logique pour nombre de jeunes… alors, pourquoi se casser la tête à suivre des cours qui ne serviront à rien (et je maintiens d’ailleurs que nombre de mes cours de maths m’ont été tout simplement inutiles ! parce que savoir calculer l’aire située sous les courbes des dérivées, pfffffuit !) ? Surtout que les parents ne poussent pas les jeunes à poursuivre leurs efforts si ces derniers décrochent. Là encore, l’Inde me revient immédiatement en tête : je me souviens de certaines maisons que nous sommes allées visiter avec les sœurs sitôt arrivés à HD.Kote. La première chose que nous offraient les maisonnées, c’était bien évidemment du chai avec des gâteaux, et la deuxième chose, c’était les cahiers de cours de leurs enfants. On sentait que ces cahiers bleutés, plus ou moins gribouillés ( parce que j’avoue que le kanada écrit, à mes yeux, ça fait seulement des jolis dessins !), représentait quelque-chose, un futur meilleur pour les garçons, et peut-être de meilleurs partis de mariage pour les filles, j’en sais rien, mais la fierté était au rendez-vous.
Difficile alors, je le reconnais, de ne pas juger cette jeune femme de 21 ans, la fille d’un des agriculteurs du coin. Elle possède l’équivalent du bac, possède même un Bachelors en chimie, mais ne fait rien de ses journées. Il existe d’ailleurs un laboratoire de recherche en chimie pas très loin, où travaille d’ailleurs son frère, mais ça ne l’intéresse pas. On lui propose de venir s’investir dans les activités du ‘youth club’, mais non : « Oh, je suis fatiguée la journée, je préfère dormir ». Une condition médicale délicate ? Non, elle ne veut simplement rien faire, attendre chez son père qu’un prince charmant se pointe un jour. « Lazy, lazy » me signale Misha.
Bref, on fait un petit tour du système d’irrigation, merci les contribuables européens! mais sans Misha- effectivement, des talons de
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