jeudi 17 septembre 2009

Au bout d'une semaine...

Et je suis toujours en vie!


A l'approche d'un grand WE (because jour férié lundi et mardi en raison de la fin du ramadan), laissez moi justement raconter le repas célébrant la fin du jeune de la journee de vendredi dernier.

19h, Al-Darwini. C’est le restaurant qui donne sur la mer. Je dis bien LE restaurant qui donne sur la mer. Il ne figure pas dans mon Petit Futé « Liban », normal, car je pense que les prix doivent être, à l’image des seins d’une libanaise friquée, surgonflés au silicon. Mon portefeuille déglutie difficilement quand je pousse la porte d’entrée en compagnie de Misha, collègue et amie de bureau, mais j’ai accepté cette invitation- c'est organisé par le boulot.

On nous installe sur les canapés en forme de « U » (le groupe en prend quand même trois ), où, sur les tables, une multitude de petits plats nous attendent. J’ai malheureusement pas retenu les noms, mais c’était vraiment exquis : feuilles de vignes fourrées, houmous divers et variés, salade libanaise (pas de taboulé), et d’autres mets. On croque ici et là, c’est vraiment super bon. Et puis, alors que l’on a plus faim, on apporte une espece de byriani (sans curry) au mouton, avec des noix de cajou, pistaches, raisins grillés. Trop bon. Sans oublier le dessert : une sorte de crème caramélisée sur tous les côtés- bref, ma cellulite adore, et mon palais aussi.

Mais surtout le cadre est exceptionnel, et je découvre les personnalités de ceux qui vont partager mon quotidien pendant les trois mois à venir. Je parlerai surtout de « Peter » ici, Pierre de son vrai nom, et je ne comprends pas pourquoi on lui colle un nom en anglais alors qu’il ne maîtrise pas cette langue-

Peter m’explique la vie difficile qu’on les jeunes professionnels libanais- ils gagnent des salaires de misère, et cumulent deux à trois boulots en même temps afin de pouvoir s’offrir une vie décente. Mais cela marque le début d’un cercle vicieux, car, comme le déclare Misha un peu plus tard : « We work like dogs during the day, so during the night, we party like crazy », et plus ils vont ‘party like crazy’, plus ils auront besoin d’argent, et plus ils auront besoin d’argent, plus ils vont devoir bosser, plus ils vont vouloir ‘party like crazy’, etc., etc.…

Ils m’ont dressé un portrait assez négatif de la société libanaise : à leurs yeux, l’appât du gain est sa seule raison de vivre, tout le monde court après l’argent, et le dépense en faisant claquer les billets, pour que ça se sache, pour que ça se voit, et pour que ça se répète. Le moral social, et les relations sociales voir familiales sont influencées par la santé de l’économie. Misha me disait : You know, if a husband, who is rich, and can afford many things for his wife, suddenly looses his job, then she’s going to go looking somewhere else for money security… Bon sang mais c'est bien sur! What are a girl's best friend again?

Un avion passe au loin, Misha fait une blague : « tiens, un avion israélien ! ». Voyant mon air interrogateur, elle répond en riant- mais non Maud, ne t’inquiète pas, ils ne viendront pas tout de suite. « Do you think they will bomb again ? » -'Bien entendu, ils le feront, c’est toujours comme ça avec les Israéliens'. En tous cas, "Salomon est juif", ça fait pas rigoler par ici.

Et puisqu’on parle de guerre, autant aborder la guerre civile : "so do you think it could happen again ?' La réaction est immédiate, bien sur que non ! 'Notre génération a appris a revivre ensemble' car c’est une tradition que la guerre avait brisé « ça a cassé la tradition de vivre ensemble » me répète Peter. Misha prend le repas en exemple : tu vois, nous sommes chrétiens, et pourtant nous partageons les traditions musulmanes puisque nous célébrons l’Iftar avec Mohammed, Alia, ect (nos collègues musulmans), et pour les traditions chrétiennes, ils feront la même chose avec nous. Peter rajoute : la date d’anniversaire du début de la guerre, le 19 avril, beaucoup d’activités inter-communautaires sont organisées afin que tous se mélangent.

Ils se montraient très positifs, un avis pas partagé par Marina, l’amie de Misha que j’ai rencontré par la suite, car, très gentiment, Misha m'a invitée a prendre un verre avec ses amies après ce fameux iftar. Sur la question des religions, elle me répond: « People go back to their roots ». On se côtoie, mais on ne vit pas forcément ensemble, et s’il y a des problèmes, on retourne toujours vers sa communauté.

Affaire a suivre donc....

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